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La kétamine dans le traitement de la douleur chronique non cancéreuse : efficacité clinique, rapport cout/efficacité et lignes directrices

Dernière mise à jour : 2 juin 2020
Numéro de projet : RC1281-000
Gamme de produits : Rapports d’examen rapide
Type de recherche : Médicaments
Type de rapport : Synthèse accompagnée d'une évaluation critique
Type de résultat : Rapports

Question

  1. Quelle est l'efficacité clinique de la kétamine dans le traitement de la douleur chronique non cancéreuse chez l'adulte?
  2. Quel est le rapport cout/efficacité de la kétamine dans le traitement de la douleur chronique non cancéreuse chez l'adulte?
  3. Que disent les lignes directrices fondées sur des données probantes au sujet de la kétamine dans le traitement de la douleur chronique non cancéreuse chez l'adulte?

Messages clés

Nous avons recensé deux revues systématiques et deux essais cliniques randomisés se penchant sur l'efficacité clinique de la kétamine dans le traitement de la douleur chronique non cancéreuse, ainsi que deux ensembles de lignes directrices portant sur la kétamine dans ce contexte. Nous n'avons toutefois trouvé aucune étude sur le rapport cout/efficacité de la kétamine.

D'après une des revues systématiques, comparativement au placébo, la kétamine par perfusion intraveineuse réduit considérablement les scores de douleur, et est associée à un taux de réponse positive significativement plus élevé dans les deux semaines de suivi. Elle est cependant associée à une incidence supérieure de nausées, de vomissements et d'effets psychomimétiques, comme l'illusion sensorielle, les hallucinations et la dysphorie. L'effet bénéfique à court terme de la kétamine n'est pas lié à la dose, au type de douleur ou aux médicaments complémentaires.

L'autre revue systématique retenue conclut que, en usage topique et oral, la kétamine n'est pas efficace dans le traitement de la douleur neuropathique, alors que, en usage intraveineux, elle serait plus efficace que le placébo pour soulager la douleur neuropathique chronique associée à diverses affections.

Dans un essai clinique randomisé mené chez les patients atteints de douleur chronique ayant connu une exacerbation aigüe, la kétamine intraveineuse réduit considérablement la douleur comparativement au placébo dans les 60 minutes du traitement; l'effet analgésique de la kétamine n'est toutefois pas observé au suivi après 24 et 48 heures. Par ailleurs, la fréquence des évènements indésirables est plus élevée dans le groupe de la kétamine que dans le groupe du placébo.

Un autre essai clinique randomisé révèle que la perfusion peropératoire de kétamine réduit considérablement la consommation de morphine intraveineuse immédiatement après une spondylodèse chez les patients atteints de douleur chronique comparativement au placébo. Il n'y a aucune différence significative entre les groupes pour ce qui est de la douleur aigüe (de 2 à 24 heures après l'intervention), de la douleur persistante (six mois après l'intervention) ou des évènements indésirables.

Un des ensembles de lignes directrices retenus déconseille l'utilisation de la kétamine intraveineuse pour diverses affections, comme la douleur chronique persistante, le syndrome douloureux régional complexe, la fibromyalgie et la douleur neuropathique, en raison du manque de données probantes. L'autre ensemble ne trouve pas non plus de données probantes solides appuyant la kétamine intraveineuse dans le soulagement immédiat dans le contexte de ces affections.

En conclusion, la kétamine intraveineuse pourrait ne procurer qu'un soulagement à court terme de la douleur chronique non cancéreuse, et serait associée à un risque accru de certains évènements indésirables, comme la nausée, les vomissements et les effets psychomimétiques.